Demain, j’arrête de procrastiner

Avouons-le, nous avons tous tendance à procrastiner…

(Définition : tendance pathologique à différer, à remettre l’action au lendemain)

La plupart du temps nous pensons que ce n’est pas très grave. Le plus souvent aussi, nous savons pourquoi nous procrastinons. Soit parce que nous manquons de motivation, soit parce que la tâche concernée n’est pas si urgente que ça. Eh oui, c’est tellement plus facile de se plonger dans des tâches courantes instantanément gratifiantes !

Mais le problème, c’est qu’à force de remettre au lendemain certaines actions jugées sans intérêt, nous nous retrouvons dans des situations délicates : on finit par être en retard, stressé (car on doit rendre des comptes à sa femme, à son chef ou encore à soi-même), on s’en veut… Bref, on s’enfonce !

Les méthodes pour ne plus procrastiner pullulent, mais voilà, nous en repoussons la lecture. (D’ailleurs, peut-être avez-vous repoussé la lecture de cet article en tous cas moi, j’en ai repoussé l’écriture 😉 Les techniques sont pourtant connues : clarifier nos priorités, vérifier notre réelle motivation, planifier et diviser en étapes plus petites si nécessaire, limiter les interruptions. Sur le papier, ça a l’air simple, mais en pratique, c’est une autre histoire…

 

Pourquoi est-ce si difficile de ne pas procrastiner ?

 

Selon moi, c’est  parce que nous ne prenons pas le temps de la prise de recul. En effet, comment établir nos priorités, si nous ne prenons pas le temps de savoir ce que nous voulons vraiment. Comment diviser une tâche en petites étapes, si par peur,  nous préférons fermer les yeux devant son ampleur. Comment résister aux interruptions, si nous ne réalisons pas que nous nous laissons facilement distraire.

Pour résumer, vous ne pouvez pas prendre conscience que vous avez une tendance à remettre systématiquement au lendemain certaines actions, si vous ne prenez pas le temps de la réflexion sur vous-même.

 

Donc, s’il y a une chose que nous ne devons jamais remettre à plus tard, c’est : [complétez la phrase avec  l’expression appropriée]. Idéalement quelques minutes en début et fin de journée, une demi-heure en fin de semaine et quelques jours en fin d’année.

 

Malheureusement se rendre compte que l’on procrastine ne suffit pas pour arrêter. La procrastination n’est pas l’origine du mal, c’est seulement le symptôme.  Le vrai challenge est de comprendre « pourquoi » nous repoussons les échéances. Une fois que l’on a compris,  alors tout devient clair. Soit on abandonne l’idée car, après avoir pris du recul, on réalise qu’on ne veut pas vraiment faire cette action, soit on arrête de se trouver des excuses et on s’y met ! Du coup,

 

Je vais vous montrer comment détecter la raison, le « pourquoi ».

Pendant votre prochain rendez-vous avec vous même, essayez ceci :

 

Prenez conscience de vos automatismes, de vos habitudes. 

Nous agissons énormément par habitude, comme des automates.

Je suis prêt à parier que chaque matin vous ouvrez vos programmes sur votre ordinateur dans le même ordre. Effrayant ?  Oui et non. Si nous sommes des bêtes à habitudes c’est pour une bonne raison : Cela ferait surchauffer notre cerveau si nous devions tout faire en pleine conscience.  Sauf que certaines de ces habitudes sont parfois comme nos applications sur nos téléphones : obsolètes, inutiles voir toxiques. Prendre conscience de ses automatismes c’est être capable de mieux les contrôler, voir de les modifier. Et contrôler ses habitudes est peut être une des compétences les plus utiles pour un adulte, qui avec l’âge, ne fait qu’en accumuler.

 

Prenez conscience de vos distractions.

Souvent nous avons une envie compulsive de vérifier nos mails, les réseaux sociaux ou les nouvelles. Nous avons plein d’onglets ouverts tout le temps. Nous nous laissons distraire par une conversation dans l’open space, un message sur le téléphone, une idée qui nous passe par la tête. Parfois même, nous cédons à l’envie de quitter ce que nous étions en train de faire. Pourquoi ? À quel besoin répondons-nous ? Souvent c’est un simple échappatoire à l’ennui, à la fatigue, une possibilité de trouver quelque chose de plaisant, une distraction dans sa boîte de réception. Le tout justifié par la peur de passer à côté de quelque chose. Mais tout ça nous coute cher, en prendre conscience est primordial. Nous devenons fort à ce que nous faisons souvent, mais faible à ce que nous ne faisons pas ou peu. Comprenez : Plus nous nous laissons distraire et moins nous pouvons nous concentrer sur une seule chose à la fois. Or il est possible d’inverser la vapeur, en se réservant des moments appropriés pour les choses nécessitant de la concentration,  en s’exerçant à des activités qui en demandent, en faisant de vraies pauses et surtout, en se DECONNECTANT.

 

Repérez vos peurs.

La procrastination est souvent due à la peur – la peur de l’échec, la peur du succès, celle du regard de l’autre… Autant de fausses croyances personnelles qui nous freinent dans nos actes. Pour un travail donné, sans nous en apercevoir nous redoutons certaines choses plus que d’autres. Notre esprit a tendance à se focaliser sur les aspects qui nous font le plus peur, à les exagérer. Sans trop y réfléchir, nous cataloguons ces tâches comme étant effrayantes, ennuyeuses, chronophages.

Par crainte nous les repoussons, sauf que tôt ou tard, cela nous rattrapera… Il y a régulièrement un lien étroit entre ce qui nous fait peur, et ce que nous avons besoin de faire.

Pourtant ces fameuses craintes, une fois repérées, peuvent être vaincues. Quand nous les mettons à nu, en les exprimant, nous pouvons réaliser qu’elles sont irréelles, fruit (pourri) de notre imagination.

La réalité est souvent toute autre et même le pire scénario n’est pas si terrible que cela, quand nous y réfléchissons vraiment.

Pour aller au bout de ce qui nous semblait être une montagne, il suffit ensuite de diviser le travail en étapes plus courtes, plus simples pour se rassurer et s’apercevoir que finalement ce n’était pas si pénible que prévu.

 

 

Identifiez ce qui vous pousse à agir.

Bien des fois nous ignorons ce qui nous motive vraiment, nous nous lançons dans des travaux herculéens sans savoir au final pourquoi. Car être un procrastinateur ne signifie pas ne rien faire. Au contraire, nous pouvons démarrer tant bien que mal plein d’activités puis en repousser encore et encore l’échéance pour finalement culpabiliser de ne pas avoir terminé ce qui a été commencé. C’est à en perdre le sens des priorités. Nous avons tous connu (voir été) ce quelqu’un qui se lançait dans la guitare, puis la gym, puis la peinture, sans jamais achever ce qu’il avait commencé. Pourquoi ? Parce qu’au final, il n’avait pas identifié ce qui le motivait vraiment. Il est impossible de persévérer  tant que nous ne sommes pas au clair avec nos réelles motivations. Lorsqu’au contraire, nous savons ce qui nous motive, là nous pouvons voir ce sur quoi nous avons besoin de rester concentré sur la durée, de réserver du temps.  Raison de plus pour se fixer des buts et des objectifs afin de les atteindre.

 

Voilà de quoi faire pour votre prochain rendez-vous avec vous-même 😉 Reste un problème à régler :

 

Comment s’assurer de le prendre, ce fameux temps de prise de conscience ?

 

Nous l’avons vu, nous sommes souvent piégés par nos habitudes. Une en entraînant une autre, nous restons coincés dans des actions automatiques. Nous allumons l’ordinateur, vérifions nos e-mails, répondons à une première urgence et en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire, nous avons déjà procrastiné.

 

Voici comme JE fais pour limiter la casse.

 

1- Se connaître soi-même.

Je pique cette dernière technique à Platon. Chacun a ses signes avant-coureurs à la procrastination – nous en avons déjà évoqué certains : anxiété, vérifications compulsives, recherche de distractions. Sachez reconnaître les vôtres. Ces signes peuvent être physiques (un tic, par exemple) ou passer par certaines actions (faire le tour de ses programmes ouverts sur l’ordinateur) – vous pouvez apprendre à les reconnaître avec le temps. Ce sont des alertes qui vous disent que quelque chose arrive : vous passez en mode réactif. Vous n’êtes plus proactif, vous procrastinez. Au moins maintenant vous en prenez conscience. Ensuite, faites une pause plutôt que de tourner en rond. Si tu laisses reposer une eau boueuse, elle s’éclaircira, disait Bouddha.

 

 

2- Reconnaître ce que cela me coûte.  

Si je repousse une tâche, je dois m’interdire de me plaindre des conséquences. Or si le fait de procrastiner ne semble pas bien grave à première vue, parfois, cela peut avoir des conséquences dramatiques  – comme celles de ne pas réaliser nos rêves,  de ne pas repousser nos limites ni d’apprendre de nouvelles choses… A trop remettre à demain, on vit une vie de regrets et on accumule anxiété et perte de confiance en soi qui vont de pair avec la procrastination.

 

3- Apprendre à s’engager.

Une fois que vous êtes clair au sujet de vos motivations, apprenez à vous engager vis à vis de vous-même. Pour rester fidèle à votre engagement, vous pouvez le mettre par écrit, le poster sur les réseaux sociaux, en parler à un ami proche, en faire un mantra. Faîtes en sorte que quelqu’un de bienveillant vérifie vos progrès. Soyez déterminé(e) à aller au bout, peu importe le temps que cela prendra.
4- Prévoir et planifier ses activités. Avant de commencer votre journée, d’ouvrir vos mails voir même d’allumer votre ordinateur, posez-vous la question suivante :

 Aujourd’hui, s’il y avait une seule chose à accomplir dont je serais vraiment fier(e), satisfait(e),

laquelle serait-elle ? Commencez par cette activité. Vous m’en direz des nouvelles.

 

Utilisez également un agenda pour planifier vos activités importantes, vos rendez-vous avec vous même, les échéances de vos objectifs comme autant de rappels à vos engagements. Cela vous permettra de rester sur le bon chemin et de ne pas trop céder aux sirènes de la procrastination.

 

 

5- Être orienté résultat. 

Quand vous commencez une activité, comme ouvrir vos mails, rédiger quelque chose, appeler quelqu’un, ou entrer en réunion, développez cette habitude :

Marquez un temps pour penser aux résultats concrets que vous souhaitez obtenir. La finalité de votre action. Cela vous évitera bien des actes inutiles, qui sont autant d’alibis vous permettant de différer d’autres tâches plus importantes.

 

Vous voilà à présent armé(e) contre la procrastination. J’ai voulu, avec cet article vous faire un retour d’expérience des choses qui ont marché pour moi, j’espère qu’il vous sera utile.

Car oui, je dois bien avouer que le mec de la vidéo m’a longtemps ressemblé.

Un dernier secret pour rester motivé(e) et ne pas trop procrastiner : Entourez-vous de contenus, et d’individus inspirants et partagez-les 😉 !