Je ne sais pas dire « non »

S’il y avait un top 10 des attentes les plus fréquentes en gestion du temps, « savoir dire non » serait forcément dedans. Un grand nombre de personnes rencontrées en formation ont exprimé ce besoin .

Comment arriver à dire non et à le tenir ?

Si vous lisez cet article c’est probablement la question que vous vous posez.

Avant de vous répondre,  Commençons par savoir quand le dire, ce fameux « non ».

c’est simple, il faut dire « non » lorsque….

…L’on s’apprête à dire « oui » alors que notre petite voix intérieure, notre Jiminy Cricket bien à nous, dit « non » ;

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autrement dit lorsque l’on dit « oui » en savant pertinemment qu’il faudrait dire « non ».

Et là, on se trouve rapidement une bonne raison de la faire taire cette petite voix et l’on se dit :  » je suppose que je peux faire un effort » ou « j’aimerais dire non mais je n’ai pas le choix » ou encore « je ne suis pas sympa si je ne le fais pas ». En bref nous pensons qu’ignorer ce fichu cricket n’est pas si grave car après tout, tout le monde le fait…

FAUX !

Tous ces « oui » en plastiques donnés ont des conséquences plus importantes que ce que l’on peut croire à première vue.

Nous ne sommes pas idiot, lorsque nous ne nous aventurons pas à dire « non » alors que notre conscience nous le dicte, ce n’est pas parce que nous ne « savons pas dire non ».

(Si vous n’en n’êtes pas convaincu(e) faites le test chez-vous, dites-le à haute voix : « non ! ».)

C’est parce que nous pensons avoir meilleur intérêt à dire oui. Et là nous avons…

…Re-faux.

En effet, lorsque nous ne disons pas « non » à une personne, qu’elle soit dans notre environnement personnel ou professionnel, c’est le plus souvent par crainte des représailles.

Craintes justifiées ou pas, mais qui bien souvent, sont une projection de notre propre réaction face à des refus. En effet il y a souvent une corrélation étroite entre ne pas arriver à dire « non » et ne pas supporter que l’on nous dise « non ». Je m’interdis de dire non, alors comment l’autre ose me le dire.

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La faute à trop de « oui » en plastique.

En effet ces « oui » forcés ont un prix bien plus élevé que nous le pensons, car lorsque nous les donnons, alors que nous aurions dû authentiquement dire « non »,  nous disons non quand même.

A qui ? Vous l’avez deviné, à nous.

Lorsque l’on se dit « non » on suggère implicitement que le jugement de l’autre (si ce n’est l’autre tout court) vaut plus que nous. On pioche sans s’en rendre compte dans nos réserves de confiance.

On oublie que la valeur de nos « oui », notre liberté, dépend de notre capacité à dire authentiquement « non » lorsqu’il le faut.

Quand nous donnons la priorité à l’autre alors que nos besoins ne sont pas assouvis, dans la plupart des cas nous ne sommes pas dans un vrai « oui ». Nous ne donnons pas vraiment notre accord, nous l’échangeons. Pour preuve, nous ne manquerons pas de faire valoir nos « oui » passés, si l’on s’aventure à vouloir nous dire « non » plus tard. Et finalement nous ne mettrons que peu d’entrain, voir de la mauvaise volonté, à satisfaire le « oui » de l’autre.

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C’est bien joli tout cela mais comment fait-on pour dire « non » alors ?

Maintenant que nous savons reconnaître nos faux « oui »,

la première chose qu’il est essentiel de comprendre avant de dire non, c’est qu’un « non », un vrai, s’explique mais ne se justifie pas.

Quelle est la différence me direz-vous ?

Et bien derrière une explication vous êtes en attente de compréhension (mais pas forcément d’un accord, on peut tout à fait comprendre quelque chose sans y souscrire), alors qu’une justification implique la volonté de convaincre et de rallier à votre cause.

Si vous cherchez à obtenir l’approbation de l’autre c’est que votre « non » n’est pas un vrai « non ». En réalité à vouloir convaincre l’autre à tout prix c’est vous-même que vous cherchez à convaincre.

Ensuite il faut prendre conscience du rapport de force induit par notre statut dans la relation.

Nous ne pouvons communiquer, nous affirmer (sans écraser) que depuis un point de vue d’égal à égal. Or parfois les normes sociales, les figures d’autorités (médecin, avocat), notre éducation (parents, professeurs) font que, sans s’en rendre compte, nous nous soumettons plus volontiers à l’autre.

Enfin lorsque ce rapport est objectivement en notre défaveur, par exemple avec son supérieur hiérarchique, il ne nous reste plus qu’une solution :

Négocier la priorité avec son boss

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Cela consiste en fait à le rappeler à son rôle. Pour cela il faut s’assurer qu’à chaque fois qu’elle/ il vous demande quelque chose, elle/ il vous donne une échéance.

Dans le cas contraire donnez-vous cette nouvelle habitude : demande = échéance.

Pour le reste il suffit de le forcer à décider :

boss : « Excuse-moi ! Je suis désolé mais tu peux me faire ça, c’est super urgent. »

moi : « Ok, pas de souci c’est pour quand ? »

boss : « euh…bah si tu pouvais le faire tout de suite… »

moi : « Ok, pas de souci je peux m’y mettre tout de suite, mais que fait-on de l’autre truc super urgent que tu m’avais demandé ce matin…Du coup on le repousse ? Parce qu’il y a aussi l’autre dossier important que tu m’avais chargé de finir pour ce soir. On choisi quoi ? « 

En résumé, si je te dis oui maintenant je ne pourrai pas honorer les « oui » que je t’ai donné par le passé. Donc, soit on revient ensemble sur les engagements précédents et je te dit « oui » pour ça, soit on planifie un autre moment pour le faire.

Et puis ?

Rien, tout est dit, le silence est le meilleur des arguments pour qui est sûr de lui.

Les premiers « non » sont très (très) difficiles à donner pour qui est habitué à dire « oui » tout le temps (parole d’ex-addict).

Courage, tenez-bon ! La récompense est énorme.

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